Il y a une tendance générale pour tout le porno. Quand la pandémie a frappé, ça a créé en gros une surabondance de femmes prêtes à faire du porno, tout en stimulant la concurrence. Pendant ce temps, des problèmes de logistique ont créé des goulots d'étranglement qui ont nui à la qualité.
Les actrices ne pouvaient plus voyager aussi facilement à cause des restrictions de l'époque. Je me souviens que Paris White s'est retrouvée coincée des mois avec une petite équipe de prod à cause des confinements. Je pense que ça a même raccourci sa carrière en limitant la diversité de son portfolio, ce qui a aussi pu devenir un problème pour les nouvelles dans le milieu. Des carrières raccourcies pour les superstars pousseraient les femmes qui ont le talent pour réussir seules à se tourner vers ces voies plutôt que vers les producteurs.
Si l'impact le plus évident concernait les actrices, les cadreurs ne pouvaient souvent pas non plus être envoyés sur le lieu de tournage, donc il fallait trouver des locaux. Ça a même profité à certains sites, surtout softcore, parce qu'ils pouvaient envoyer le matériel par la poste et laisser les filles faire l'essentiel du boulot (voir "In The Crack"). Des sites comme POVD ou ATKGirlfriends ont réduit leurs investissements à cause de ça.
Pendant ce temps, les éditeurs qui n'investissaient pas dans des sites comme le POV ou les fétiches d'inceste ont décidé de se diversifier. Il valait mieux produire plus de contenu varié que du contenu de qualité d'un seul type, parce que ça permettait de capter plus de marché. Tout le monde avait son spin-off Belle-sœur/Fille/Mère coquine. Du coup, les mêmes sites qui souffraient de problèmes de logistique faisaient maintenant face à plus de concurrence, ce qui bridait encore plus leur capacité de production. Les compilations porno sont devenues un moyen de faire oublier que la production était au plus bas, et elle ne s'est jamais vraiment remise. Si on compare la production de nouveau contenu post-pandémie pour les sites cités, c'est souvent la moitié, voire le quart, des chiffres d'avant la pandémie.
Quelques années plus tard, l'offre de femmes prêtes à faire du porno commercial a fondu parce que la situation économique s'est améliorée. Il y avait toujours de l'offre pour le filon Only Fans, mais à ce stade c'était une nouvelle voie vers le succès, pas un surplus de talent. Si des femmes avec assez d'atouts pour réussir dans le porno pouvaient simplement le faire seules, ce modèle économique devenait le plus productif. Les producteurs devraient payer plus pour avoir le même niveau de talent qu'on trouvait facilement avant la pandémie. Vu tous les dégâts que la pandémie a causés à la production, ils rechignent à le faire.
Il y a aussi eu un changement de modèles économiques pour s'adapter à ce marché. FTVGirls a nettement baissé ses standards de production et semble avoir une nouvelle direction. Ça leur a permis de maintenir leur capacité de production, même si le contenu paraît moins spontané, joueur ou artistique, et les filles moins sélectionnées.
D'autres sites ont cherché à se protéger de la concurrence, soit en créant leur propre version des sites concurrents, soit en les rachetant carrément. Par exemple, ECG a racheté Black Ambush et l'a rebaptisé BBC Surprise. En réponse à 4KPorn qui utilise de fausses éjacs, Blacked et d'autres sites ont commencé à faire pareil. "Content is king" est devenu la règle pour le porno aussi.
Ensuite, des sites comme ECG, Net Video Girls et Backroom Casting Couch ont eu beaucoup de "one-offs" en ciblant des femmes de type webcam. Ce modèle économique a en fait amplifié leur succès à cette époque. Si une femme peut lancer sa carrière de cam en faisant un ou deux tournages avec une boîte établie, ça donne à leur modèle accès à une plus grande offre de talent, tout en gardant le goulot d'étranglement pour la concurrence.
Alors, quand est-ce que ça va changer ? Quand la qualité va-t-elle revenir ? Eh bien, les producteurs de porno devront accepter d'investir plus dans les standards de production. Le retour sur investissement ne semble pas assez élevé pour qu'ils le fassent. Ça pourrait être une inquiétude légitime, ou juste le biais des coûts irrécupérables par peur du retour des restrictions de la pandémie. Par exemple, les sites ATK louaient des propriétés à l'international pour faire leur contenu. Depuis, ils se sont limités à la Californie, même s'ils en ont tourné quelques-uns en Floride, et le contenu softcore est devenu très linéaire et scripté.
J'imagine que la situation n'est pas si différente du gaming en VR. Meta a injecté des tonnes de fric dans l'industrie, pour finalement tout lâcher des années plus tard. Maintenant les développeurs ne savent pas combien investir dans le produit, alors ils réduisent leurs studios. La réponse ici, c'est malheureusement que seul le temps dira si et quand l'industrie du porno se remettra, ou si elle devient simplement quelque chose de nouveau.