en tant que toxico la majeure partie de ma vie, j'aimerais que les gens essaient de comprendre un peu plus le toxicomane. genre j'ai vu que les gens traitent en moyenne un drogué pire que les pédos, et plus régulièrement. c'est bizarre.
on était déjà torturés par notre propre cerveau.. beaucoup d'entre nous, comme moi, sont devenus accros très jeunes en suivant les conseils de mon médecin.
personne ne veut être accro, ou être sous drogue. le jeu du désespoir pour avoir de la drogue pour pas souffrir un 11 sur 10 sur l'échelle de douleur, pour un soulagement de quelques heures. puis s'inquiéter pour l'argent. les plans qui tombent à l'eau après des heures d'attente. Alors tu rentres chez toi et tu pleures toutes les larmes de ton corps parce que tu sais que cette nuit, et qui sait combien d'autres jours, ton corps va te torturer au-delà de l'entendement. si tu passes ça. ensuite ça passe à cette torture mentale. qui a brisé mon esprit, mon corps et mon âme plus de fois que je peux compter.
j'ai déjà pris feu, je me suis cassé des os. j'ai vécu un tas d'expériences traumatisantes horribles. et je le dis avec certitude. l'addiction à la drogue, les jeux autour, et le sevrage, c'est la chose la plus traumatisante, douloureuse et déprimante à laquelle on puisse faire face. beaucoup pensent pouvoir gérer, puis le syndrome des jambes sans repos arrive. ou comme je l'appelle. quelque chose m'arrache les muscles des os et je sanglote dans le coin pendant des heures jusqu'à m'évanouir. Je suis surpris de ne pas m'être foutu en l'air lors de mon dernier sevrage. ça a duré des mois de torture intense sans putain d'arrêt. ton corps est une prison.
genre bien sûr, je ne crois pas à soutenir les habitudes. à aider les gens, construire une communauté. mais un peu de compassion pour le consommateur peut aller très très loin. ça m'a donné de l'espoir à moi. que quelqu'un s'en soucie. je vous demande de faire pareil pour elle. je sais même pas qui c'est putain, mais j'ai mené ce combat. Je sais ce que ça fait d'être accro, ce que je détestais, et ensuite tout le monde autour me détestait parce que j'étais coincé dans cette boucle de ne pas vouloir que mon corps me torture jusqu'à ce que je craque et me tire une balle. j'ai à peine réussi à passer la paperasse à la fin. en plein trip tout le long.